Questions Economiques

Discussions sur l'économie et supplément aux cours

LA CROISSANCE VERTE

Vers l’émergence d’un nouveau modèle économique : La croissance verte entre enthousiasme et scepticisme

 Introduction

Les quarante dernières années ont été marquées par un progrès impressionnant dans le domaine économique. Alors que la population mondiale s’est accrue d’environ 3 milliards d’individus, l’économie mondiale a plus que triplé. L’expansion économique au cours de cette période a permis à des millions de personnes de s’extirper de la pauvreté et de voir croitre leur niveau de vie. Néanmoins, malgré les effets bénéfiques de la croissance, cette dernière est remise en cause.

La recherche de l’augmentation de la production de biens et de services a contribué à un accroissement des inégalités socio-économiques. Elle a eu un impact négatif sur l’environnement. La recherche de celle-ci et le modèle capitaliste seraient également à l’origine de crises importantes qui bouleversent l’économie. La théorie selon laquelle seule une croissance perpétuelle peut contribuer à une hausse du niveau de vie est très fortement contestée. Certains économistes affirmaient l’idée qu’il fallait transformer notre façon de produire et exprimaient les limites de la croissance. Ce fut le cas de John Meynard KEYNES qui avait anticipé le fait que ses petits enfants seraient beaucoup plus riches qu’à son époque. Il disait notamment qu’avec cette augmentation de richesse : « il serait temps pour l’humanité d’apprendre comment consacrer son énergie à des buts autres qu’économiques » La critique de la société de consommation va émerger à la fin des années 1960 notamment avec le mouvement hippie aux Etats-Unis ou le mouvement de mai 1968 en France. La société de consommation est critiquée pour la vanité qu’elle apporte notamment parce qu’elle fait des possessions personnelles une condition du statut social des individus. Elle conduit à faire d’importants sacrifices pour augmenter la production des richesses. La véritable remise en cause contemporaine de la croissance économique s’affirmera quelques années plus tard avec le Club de Rome au début des années 70. Elle va être un tournant de la réflexion sur une nouvelle façon de consommer et de produire. Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publie un rapport intitulé « Limits to Growth » appelé aussi « Rapport Meadows » en 1972. Il fut traduit en France sous le titre « Halte à la croissance » en 1973. Les conclusions du rapport annoncent un futur inquiétant pour l’humanité. Il constate que la population mondiale augmente fortement et continuera à croître dans les années futures. De plus les auteurs du rapport révèlent que la croissance économique est plus rapide que la croissance démographique. Ensuite les revenus dégagés par cette dernière sont inégalement répartis et sont concentrés dans les pays riches. Selon eux, l’augmentation de la production des richesses n’est pas non plus sans risque. Au niveau démographique elle a un impact négatif notamment avec l’émission d’agents polluants ou la propagation d’agents chimiques qui provoquent des maladies, entrainent la stérilisation, l’épuisement des terrains cultivables et une pollution des eaux. Elle engendre une pollution des terrains agricoles ainsi que leur surproduction pour satisfaire une population grandissante et va provoquer également un risque de pénurie des biens alimentaires. Enfin sur le plan environnemental, l’utilisation d’énergie fossile dans le processus de production entraine une émission importante de gaz à effet de serre (GES) et conduit un réchauffement climatique ce qui a un impact sur notre écosystème. De plus de ce type d’énergie qui n’est pas inépuisable et dont les stocks sont en constante diminution, ne sera plus suffisante pour assurer la croissance dans l’avenir. La communauté internationale a de ce fait décidé de réagir et de réfléchir à un modèle permettant de concilier les intérêts économiques et les enjeux environnementaux. En juin 1972, le premier sommet de la terre est organisé à Stockholm par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement Humain (CNUEH). Son but est de réfléchir et de définir les moyens de créer une croissance durable au niveau mondial et de placer l’écologie au rang de préoccupation internationale. Ces sommets de la Terre seront organisés tous les 10 ans pour constater les progrès réalisés et les nouveaux enjeux à établir pour parvenir à maîtriser les externalités négatives sur l’environnement. Les crises pétrolières de 1973 et 1979 ont été également le signal d’alerte que les sources d’énergie étaient limitées, qu’il fallait préserver ces ressources et faire des économies d’énergie. Cependant l’après Stockholm sera peu suivi d’actions en faveur de la protection de la planète. En effet la lutte industrielle entre l’Union Soviétique et les Etats Unis ainsi que l’essor des pays en développement a contribué à l’émergence d’une croissance intensive toujours plus importante. Elle a eu de forts impacts sur l’environnement. Elle a notamment développé la pollution, dégradé des ressources naturelles, diminué les ressources énergétiques et provoqué un réchauffement climatique provoqué par les gaz à effet de serre. Le sommet de la terre de Rio de 1992 a semblé donner un nouvel élan aux politiques environnementales en fixant des lignes d’actions que les états devaient conduire pour préserver les ressources de la planète. Néanmoins tout comme pour la conférence de Stockholm l’après Rio ne vas pas permettre l’émergence d’un nouveau modèle économique au niveau international. Les différents échecs des sommets suivant (Johannesburg et Rio) démontrent que les états ne sont pas disposés à entamer un processus de « verdissement de leur croissance ». En effet pour répondre au ralentissement de leur croissance, les pays développés et industrialisés vont continuer à produire intensément pour éviter une récession de leur économie. De ce fait peu d’entre eux vont prendre de réelles mesures favorisant l’émergence d’une croissance verte. De leur côté les pays en développement profitant d’une forte expansion de leurs activités économiques vont décider de poursuivre leurs efforts de production. Ils estiment également qu’ils sont en droit de profiter des effets redistributifs de la croissance. Ils sont donc peu enclins à prendre des mesures écologiques qui risqueraient de ralentir leur économie. De plus la crise économique mondiale a touché tous les pays de la planète en 2008. Elle a également freiné les actions des états qui souhaitaient mettre en place une politique de croissance plus respectueuse de l’environnement. Même si certains états ont pris des mesures pour que leur économie ait un impact limité sur l’environnement (Par exemple Grenelle de l’environnement en France ou l’energiewende en Allemagne). Ces initiatives restent limitées et leurs effets tardent à se faire ressentir. Cependant l’OCDE , insiste sur la nécessité de changer notre manière de produire notamment pour préserver l’environnement et le bien être des générations futures. Elle révèle qu’une inaction des états conduirait à une dégradation rapide des conditions de vie humaine. Elle risque d’engendrer une diminution des ressources en eau, une augmentation rapide des décès liés à une mauvaise qualité de l’air, une dégradation de la biodiversité (réduction des espaces forestiers, naturels et sauvages, développement des espèces envahissantes) et un changement climatique. L’OCDE souligne également les impacts néfastes que cette inaction pourrait engendrer sur l’économie mondiale dans le futur. La diminution des ressources énergétiques et naturelles nécessaires pour la production et la consommation entrainera un ralentissement de l’activité économique. De plus sans financement pour la recherche et l’innovation en vue de préserver l’environnement (Par exemple : les énergies renouvelables, voiture hybride, etc.), un retard technologique sera pris et il ne permettra pas de compenser la diminution des ressources naturelles et énergétiques. L’OCDE annonce également que les états ne doivent pas se servir de la crise pour éteindre leur initiative de transformation de leur croissance . Elle considère que la crise est une opportunité pour les états de transformer leurs économies notamment en faisant d’importantes réformes structurelles. Elle rappelle que les sorties de crises sont propices à la mise en place de progrès techniques et d’innovations qui améliore l’efficacité énergétique. L’affirmation et la mise en place d’une croissance verte apparait inéluctable. La protection de la planète devient un enjeu de plus en plus présent dans notre société. La crise économique de 2008 a également remis en cause le capitalisme. L’émergence d’un nouveau modèle est espérée. C’est dans ce contexte que le concept de croissance verte va naître. Dans son rapport de 2011, l’OCDE l’a définie comme une politique qui : « Consiste à favoriser la croissance économique et le développement tout en veillant à ce que les actifs naturels continuent de fournir les ressources et les services environnementaux sur lesquels repose notre bien-être. Pour ce faire, elle doit catalyser l’investissement et l’innovation qui étaieront une croissance durable et créeront de nouvelles opportunités économiques » La croissance verte est donc à intégrer dans l’objectif de développement durable fixé lors des différentes CNUEH depuis l’élaboration de ce concept. Ce dernier doit répondre aux besoins du présent sans compromettre celui des générations futures. La croissance verte constitue l’un des moyens de répondre à cet objectif. Elle doit donc favoriser une augmentation de la production de biens et de service. Il faut également que cette croissance soit économe et respecte l’environnement. L’OCDE parle « d’actif naturel » et de « services environnementaux ». Les premiers représentent l’ensemble des ressources naturelles et environnementales. Les secondes désignent l’utilisation de ces ressources dans le processus de production ou la capacité pour l’environnement d’absorber les émissions dégagées par les activités humaines. Dans son analyse, l’OCDE considère l’environnement comme un bien qui doit contribuer à la croissance et au développement. Il faut néanmoins veiller à ce que sa contribution soit limitée ou plus productive pour préserver les besoins des générations futures. La croissance verte est un modèle alternatif de la croissance actuelle qui permet une synthèse entre augmentation des richesses et protection de la planète. Elle apparait comme un modèle économique idéal qui prend en compte l’ensemble des enjeux auxquels notre société sera confrontée. L’OCDE révèle également que la croissance verte pourrait favoriser une sortie de crise et instaurerait une nouvelle façon de produire durable, respectueuse de l’environnement, qui se substituerait au modèle économique capitaliste actuel. De ce fait on peut se demander si la croissance verte peut contribuer à la mise en place d’une nouvelle économie mondiale durable et respectueuse des ressources de la planète ? Lorsque l’on évoque l’économie et l’environnement, on peut rapidement tomber dans l’excès et l’idéologie. L’OCDE révèle qu’il est nécessaire d’agir et qu’on ne peut plus continuer dans le système économique actuel car il ne permettra pas de répondre aux enjeux futurs. La croissance verte permet d’avoir une réflexion sur les possibilités de mettre en œuvre un nouveau modèle. Il convient alors de traiter de la croissance verte de manière globale et objective en présentant à la fois ses avantages, ses inconvénients ainsi que ses limites pour appréhender l’ensemble de cette stratégie. Dans le cadre de la mise en place d’une politique de développement durable à l’échelle mondiale contribuant à la fois à un développement économique, une réduction des inégalités, et une préservation de l’environnement. Le modèle de la croissance verte apparait comme une solution prometteuse nous permettant d’espérer à l’émergence d’un nouveau modèle (I). Néanmoins on peut douter que cet objectif puisse être atteint car ce modèle éprouve des difficultés à se mettre en place notamment car il présente certaines insuffisances et qu’il est contesté (II). Vers une nouvelle façon de produire et de consommer : La croissance verte entre enthousiasme et scepticisme.

I. LA CROISSANCE VERTE, UN MODELE PORTEUR D’ESPOIR POUR L’AVENIR DES GENERATIONS FUTURES

Dans une logique de mise en œuvre d’un développement durable soucieux du bien être des générations futures, la croissance verte apparait comme une solution alternative prometteuse pour répondre aux objectifs de croissance et de protection de l’environnement. L’OCDE joue un rôle central permettant aux états de bénéficier d’un cadre d’action pour mettre en œuvre des politiques de croissance saine. Elle insiste sur la nécessité de transformer notre modèle économique (A). Pour cela l’OCDE a dégagé des instruments afin que les états puissent contribuer à l’émergence la croissance verte (B).

A. La transition d’une croissance capitaliste vers une croissance verte

Pour favoriser cette transition d’une croissance capitaliste vers une croissance verte l’OCDE a été un acteur clef qui a permis l’élaboration d’une stratégie (1). Elle insiste également sur le rôle des états et d’une coopération à l’échelle internationale pour permettre une transformation de notre modèle économique (2).

1. La mise en place d’une stratégie pour la croissance verte élaborée par l’Organisation de développement et de coopération économique

Les perspectives de l’environnement de l’OCDE pour 2050 prévoient que la population mondiale aura atteint 9 milliards d’individus. La demande d’énergie va croitre de 80% et les émissions de GES augmenteront de 50% ce qui entrainera un réchauffement climatique et des effets nuisibles sur la vie humaine. En cas d’inaction plus de 40% de la population mondiale vivra dans des régions souffrant de pénuries d’eau et 10% de la biodiversité mondiale pourrait disparaître. La communauté internationale doit donc réagir et faire face à un double défi. Tout d’abord il faut continuer de contribuer à l’augmentation du niveau de vie de la population mondiale sachant que cette dernière va continuer de croître. Puis il s’agira de faire face aux pressions environnementales qui risquent de freiner les opportunités de croissance notamment à cause de la diminution des ressources naturelles. Pour faire face à ce défi, l’OCDE a été mandaté en 2009 pour enngager une réflexion pour allier croissance et environnement. En mai 2011, le projet de Stratégie pour la croissance verte a été approuvé. Cette stratégie a abouti à la réalisation de trois rapports : • OCDE (2011), Vers une croissance verte, Etudes de l’OCDE sur la croissance verte, Edition OCDE. • OCDE (2012), Vers une croissance verte : Suivre les progrès : Les indications de l’OCDE, Etudes de l’OCDE sur la croissance verte, édition OCDE. • OCDE (2012), Outils pour la mise en place d’une croissance verte, édition OCDE. Elle doit permettre d’aider les gouvernements à résoudre ces problèmes tout en permettant la mise en œuvre de mesures appropriées. La Stratégie pour la croissance verte a été complétée par plusieurs travaux de l’OCDE qui ont permis de développer le modèle de la croissance verte. En France les travaux sur la croissance verte sont repris par le Conseil économique pour le développement durable (CEDD). Le message de la Stratégie pour la croissance verte consiste à dire que les problèmes environnementaux ne peuvent plus être distingués des problèmes économiques. La prise en compte des considérations relatives de l’environnement doivent faire partie intégrante des politiques économiques des pays. La stratégie pour la croissance verte doit tenir compte des contextes particuliers de chaque pays notamment leur structure institutionnelle, politique et économique, leurs ressources naturelles et la pression environnementale subie par le pays. Néanmoins l’OCDE a cherché à fixer un cadre pouvant s’appliquer à l’ensemble des états. Pour réduire l’empreinte écologique néfaste que les activités humaines exercent sur l’environnement, il faut imputer un prix sur les externalités négatives qui dégradent la planète. Il s’agira de mettre en place une taxe pour lutter contre la pollution ou la surexploitation des ressources naturelles. On peut aussi instaurer des mécanismes d’écotaxe, des plafonnements ou même un système d’échanges de droits négociables . Il sera également nécessaire d’imputer les actifs et services environnementaux qui ont contribué à la production sur les prix. Ces mécanismes de tarifications vont alors inciter les agents économiques pollueurs à diminuer l’impact négatif qu’ils ont sur l’environnement. Cela peut également favoriser l’innovation en matière de protection de la planète et développer des modes de production et de consommation durable. Il sera également possible de dégager des ressources fiscales qui pourraient financer des politiques publiques et aussi assainir les finances publiques déficitaires des pays. L’OCDE dans le cadre de la mise en place d’une stratégie pour la croissance verte considère qu’il faut supprimer les mesures inefficientes dont les résultats pour protéger l’environnement n’ont pas eu les effets escomptés. Ces dernières sont couteuses et ne donnent pas de réel résultat .Elles contribuent souvent à un creusement des déficits des budgets des états ou alors à augmenter la pression fiscale sur les contribuables. L’OCDE milite également pour une suppression de ces mesures qui au lieu de préserver l’environnement contribue à sa dégradation. Il sera aussi important de concerner les ménages qui sont des acteurs à part entière de la stratégie pour une croissance verte. Il faudra donc changer le comportement des ménages afin que ces derniers réduisent l’impact que peut avoir leurs activités sur l’environnement (favoriser le tri sélectif, réduire les trajets en voiture, réduire la consommation énergétique etc.). Des mesures d’informations seront nécessaires pour influencer le comportement des consommateurs. L’OCDE considère cependant que la mise en œuvre de la croissance verte passe par l’économie de marché. Autrement dit c’est sur le marché que sont fixés les prix des « produits verts ». Néanmoins en cas de défaillance de ce dernier, les gouvernements par le biais de réglementations, normes ou subventions peuvent intervenir pour permettre l’essor d’une croissance plus respectueuse de l’environnement. L’innovation est l’une des bases de la stratégie pour la croissance verte. Elle va permettre un transfert technologique qui conduira à une transformation de notre manière de produire. Ainisi elle favorisera des productions plus économiques en ressources naturelles ou contribuant à une meilleure utilisation de ces dernières. Il est important de soutenir les projets qui ont pour but de minimiser l’impact des activités humaines sur l’environnement pour assurer une transition rapide grâce au marché. De nombreux investissements devront être faits pour assurer la transition vers une croissance verte. En effet, il faudra dégager des ressources pour soutenir les intentions d’innovations, pour développer des politiques respectueuses de l’environnement, et pour encourager les changements de comportements. Les investisseurs privés doivent jouer un rôle important pour soutenir la croissance verte. L’OCDE accorde une place importante aux fonds de pensions pour financer des projets sur le long terme (infrastructure). La stratégie pour la croissance verte insiste également sur le développement de l’économie verte. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) la définit comme : « L’activité économique qui entraine une amélioration du bien être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie des ressources. » L’OCDE insiste sur la nécessité de soutenir ces activités et de contribuer à l’augmentation des emplois verts qui résultent de ces activités. Il est important de contribuer au développement de technologie et des modes de production plus respectueux de l’environnement. La stratégie pour une croissance verte souhaite le développement de l’éducation et de la formation pour redéployer les travailleurs de secteurs en difficulté ou en déclin. Le maintien de l’emploi est essentiel pour contribuer à la croissance économique. Ainsi les politiques environnementales ne doivent pas exclusivement être orientées vers des mesures pour protéger l’environnement. Il s’agira également de garantir la croissance économique. Ceci passe donc par un essor sur l’emploi pour augmenter la production et pour assurer un revenu suffisant pour la consommation des ménages. Pour s’assurer de l’impact positif de la mise en œuvre de la croissance verte et des progrès qui ont été réalisés pour préserver les actifs environnementaux, il est essentiel de produire des informations appropriées et de développer des indicateurs qui pourront servir de base de données et de comparaison entre les différents pays. La transition vers une croissance verte apparait nécessaire pour contribuer à maintenir la croissance tout en diminuant l’impact de l’environnement pour la réalisation de celle-ci. Pour cela, les états vont jouer un rôle essentiel pour transformer leurs modèles de croissance.

2. Une coopération internationale au service d’une croissance verte inclusive

« Créer une architecture mondiale propice à la croissance verte exigera d’intensifier la coopération internationale » La gestion des biens communs environnementaux implique une action commune de l’ensemble de la communauté internationale. L’objectif de la croissance verte est de contribuer à l’augmentation de notre vie tout en préservant les actifs environnementaux pour maintenir le bien être des individus sur la planète. Cela ne peut être fait isolément par l’action d’un seul état. Pour favoriser une transition vers une croissance verte, l’OCDE insiste sur la nécessité d’une coopération internationale. Il faut notamment que les pays développés collaborent entre eux. Ils doivent également soutenir les pays en voie de développement qui disposent de moins de moyens pour développer des politiques de croissance verte. La communauté internationale doit porter essentiellement sur les trois aspects suivants comme le montre l’annexe 1 : le renforcement du financement et de l’investissement vert, développer la coopération technologique internationale et faciliter les échanges de biens et de services verts. Le premier « pilier » de la coopération internationale pour mettre en œuvre la croissance verte est le renforcement et la collaboration dans le financement et l’investissement verts. Pour cela il faudra des investissements considérables dans les infrastructures, dans la gestion des ressources naturelles, dans le renforcement des capacités et des compétences. Ces importants investissements nécessitent des ressources financières de la part des pays. Eu égard à la crise économique, il sera difficile pour eux d’utiliser leurs revenus intérieurs. Il faut donc développer des ressources internationales (ou sources externes) pour soutenir l’innovation dans le « secteur vert ». Plusieurs financements de sources internationales ont été créés. On peut citer l’Aide Publique au Développement (APD) , les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) , ou les financements internationaux privés ou mixtes. On peut recourir à des Financements Publics Bilatéraux du Développement (FPBD), ou aux Financements Publics Multilatéraux aux Développements (FPMD). Il convient de constater que les pays développés se sont déjà engagés à mobiliser des fonds publics ou privés en vue d’accroitre leur soutien financier aux mesures en faveur de l’environnement dans les pays en voie de développement ou peu développés . L’investissement international constitue donc une source essentielle et un puissant vecteur de l’innovation et de transfert de technologie pour appuyer les efforts déployés par les pays pour promouvoir la croissance verte. Le deuxième « pilier » de la coopération internationale pour mettre en œuvre la croissance verte est de développer l’innovation par le biais de la coopération. Il faudra fortement développer l’innovation, créer de nouveaux produits et de nouvelles technologies pour que la croissance future n’accentue pas les pressions sur l’environnement. Il convient de mettre en place des mécanismes qui permettront à la coopération internationale d’accélérer le progrès scientifique, l’innovation technologique et sa diffusion. Les pays développés sont dotées d’une capacité de recherche avancée, de politiques d’innovation et de diffusion technologique qui peut permettre un appui aux pays en voie de développement. La communauté internationale doit repousser la frontière technologique pour la croissance verte notamment en développant la coopération dans le domaine des sciences et de la recherche. Ce type de collaboration peut intervenir dans le cadre de partenariats universitaires ou de programmes d’échange internationaux entre établissement supérieur. Ainsi cela pourra favoriser la diffusion des connaissances pour appuyer la croissance verte et l’innovation. La coopération internationale doit aussi permettre le transfert de technologie des pays développés vers les pays en développement. Ces derniers ont souvent des retards technologiques qui risquent de freiner la progression vers une croissance verte. Pour illustrer ces propos l’OCDE révèle qu’entre 1980 et 2011 les pays membres de cette organisation ‘essentiellement des pays développés) ont déposé plus de 200 000 brevets dans le domaine de l’atténuation des effets du changement climatique. Les pays en développement n’en ont déposé que 40 000. Il faut également élaborer un dispositif de protection des droits de la propriété intellectuelle au niveau international pour inciter à l’investissement dans l’innovation et d’assurer de leur diffusion. Le troisième « pilier » de la coopération internationale consiste à faciliter les échanges de biens et de services écologiques. Pour instaurer une croissance verte les pays devront apprendre à valoriser leurs actifs environnementaux ou naturels sur les marchés internationaux. Il s’agira donc de lever les obstacles aux échanges et de favoriser le commerce des produits et services écologique entre les pays développés et les pays en développement. Les obstacles tarifaires ont une conséquence dommageable sur le développement du commerce puisqu’ils risquent d’entrainer une hausse des prix et de limiter les échanges entre les pays. Les barrières tarifaires ne sont pas les seules à entrainer une limitation des échanges. Dans certains cas les obstacles non tarifaires et notamment les réglementations internes des états peuvent limiter le développement des échanges. Par exemple un pays importateur peut exiger des réglementations techniques ou technologiques différentes des normes internationales. Cela peut provoquer une augmentation des coûts de fabrication ou entrainer une multiplication de tests supplémentaires pour s’assurer que le produit correspond aux normes exigées. Il faut également lutter contre les mesures protectionnistes qui viseraient à favoriser les produits ou technologies verts d’un marché national et de pénaliser les produits ou technologies étrangères. L’OCDE va suivre avec attention les mesures visant à l’investissement pour une croissance verte et veiller à ce qu’elles ne soient pas une forme de protectionnisme déguisée. Pour cela il sera organisé des tables rondes sur la liberté d’investissement pour l’OCDE. La coopération internationale repose sur l’application de ces « trois piliers ». Pour que cette coopération favorise une croissance verte il faut qu’elle contribue à un accroissement des échanges qui est un moteur essentiel de la croissance et un moyen important « d’écologiser » les trajectoires de croissance. Il faut aussi une cohérence des politiques pour que tous les pays puissent tirer profit de la croissance verte. Les politiques nationales ne doivent pas avoir des effets préjudiciables sur les autres. Pour permettre la transition d’une croissance capitaliste vers une croissance verte l’OCDE a donné aux états des instruments pour mettre en œuvre une croissance verte et pour suivre les progrès réalisés.

B. La mise en place du modèle de la croissance verte

La croissance verte s’inscrit dans le cadre de la politique du développement durable. La croissance capitaliste actuelle a eu des effets négatifs sur l’environnement et a contribué à un accroissement des inégalités. La croissance verte constitue une alternative pour assurer le bien-être des générations futures. Pour cela il faut mettre en avant des mécanismes qui vont permettre de générer une croissance verte (1). Instaurer un modèle économique sur la croissance verte ne suffit pas. En effet il faut développer une liste d’indicateur pour permettre de mesurer les effets bénéfiques et les progrès réalisés (2).

1. Les instruments mis en avant pour développer la croissance verte

Il existe diverses possibilités pour promouvoir une croissance verte. Il s’agit de développer des moyens d’action permettant d’intégrer l’utilisation efficiente des ressources naturelles dans des décisions économiques. Compte tenu des différentes structures économiques des états, on ne peut pas ériger une série d’outils qui permettront de mettre en œuvre une croissance verte de manière automatique. Dans un rapport de 2012 , l’OCDE considère qu’avant de prendre des mesures pour favoriser la croissance verte, il faut établir un diagnostic des principales contraintes qui s’opposent à la croissance verte. Les contraintes qui pèsent sur la mise en œuvre d’une croissance verte varient d’un pays à l’autre. Les obstacles à la croissance verte sont également différents selon que le pays soit développé, en voie de développement ou peu développé. L’OCDE révèle qu’il existe deux grandes catégories d’obstacles à la mise en œuvre d’une croissance verte : Les premiers sont relatifs aux faibles rendements économiques qui sont provoqués par l’inertie ou l’inaction et par le faible rendement social (faiblesse des institutions, du capital, et des infrastructures. Les seconds sont liés à la faible « appropriabilité » des rendements qui sont relatifs à une défaillance du marché ou une défaillance de l’action publique. Après avoir pris conscience des obstacles qui pourraient empêcher un pays de transformer sa croissance en croissance verte, il faut mettre en place des dispositifs institutionnels efficaces pour guider les gouvernements dans leurs politiques économiques et environnementales. Il faudra alors mettre en place une gouvernance et se doter d’institutions efficaces qui permettront d’établir un cadre. Il va favoriser la prise de décision des décideurs pour prendre des mesures qui vont permettre d’intégrer la croissance verte dans la politique économique. Les pays disposent d’un important panel de mesures pour transformer leur croissance et pour supprimer les obstacles qui empêchent le développement d’une croissance verte. Les pouvoirs publics vont devoir alors choisir des instruments pour mettre en œuvre des politiques écologiques et économiques. Il s’agira alors de choisir une combinaison « d’outils »qui conviendra le mieux à la situation du pays. Les gouvernements devront veiller à ne pas prendre des mesures qui seraient inefficaces ou de faire des chevauchements de mesures qui annuleraient leurs effets. Parmi cet éventail l’action publique doit chercher à atteindre des objectifs précis. Elle peut se fonder sur un rapport coût-efficacité. Elle peut aussi inciter à l’adoption de comportement, ou de mise en conformité de structures ou de technologies plus respectueuses de l’environnement. Elle peut enfin donner des certitudes aux investisseurs et ainsi développé l’investissement dans les « secteurs verts ». De manière générale l’OCDE estime qu’il existe de grandes catégories d’instruments que les états peuvent utiliser pour favoriser la croissance verte. Ainsi on distingue les outils fondés sur le marché, et ceux qui ne sont pas fondés sur le marché. L’OCDE préconise de recourir aux instruments fondés sur le marché chaque fois que possible. En effet la Stratégie pour la croissance verte pose comme principe fondateur que le marché est l’élément central dans lequel les prix sont fixés par la rencontre de l’offre et de la demande. Les actifs naturels doivent également être intégrés au marché pour que ces derniers soient pris en compte lorsque les prix sont fixés. Les instruments fondés sur le marché sont de deux ordres. Les premiers concernent les instruments qui agissent directement sur les prix. On va chercher à augmenter les prix de biens ou de services qui ont eu un impact négatif important sur l’environnement notamment par le biais des taxes. On peut aussi diminuer les prix d’un bien ou d’un service grâce à des incitations financières ou fiscales. Les seconds agissent sur les quantités d’émissions polluantes qu’un acteur économique peut dégager. On va utiliser par exemple le système d’échange de droits d’émission de GES. Les instruments non fondés sur le marché peuvent être utilisés lorsque des obstacles politiques s’opposent à l’utilisation de mesures fondées sur le marché. Ces instruments sont des normes de résultats ou des normes techniques pris par les gouvernements pour forcer les acteurs à diminuer leur impact sur l’environnement ou utiliser des techniques moins polluantes. Il peut également s’agir de mesures d’informations visant à donner des instructions ou des recommandations aux individus pour qu’ils changent de comportement. Pour parvenir aux objectifs de la croissance verte et pour répondre aux enjeux environnementaux il sera donc indispensable d’utiliser conjointement ces instruments pour qu’ils soient les plus efficaces possibles. L’OCDE attire l’attention des gouvernements sur les combinaisons de mesures qui sont contre productives parce qu’elles sont inefficaces et trop coûteuses. Elle souligne également qu’il faut empêcher les « chevauchements » qui consistent en l’application à un même agent économique de plusieurs mesures pour cibler un seul problème environnemental. Par exemple il y a un chevauchement lorsque pour limiter les émissions de GES des entreprises on va mettre en place un système d’échanges de droit négociable qu’on va la soumettre à la taxe carbone. L’accumulation des mesures vont soit pénaliser les entreprises qui subiront trop de charges soit les pouvoirs publics qui en menant des politiques inefficaces aggravent leur déficit public, soit les consommateurs qui se verront proposer des produits à des prix plus élevés. L’OCDE conseille aux états de réexaminer leur politique et de procéder à des vérifications de mesures pour limiter le recours aux mesures inefficientes qui ont des effets négatifs sur l’économie. Elles pénalisent également la transition vers une croissance verte. L’OCDE reconnait cependant que les mesures fondées sur le marché sont minoritaires par rapport aux subventions accordées par les pouvoirs publics. Ces dernières ont un fort impact sur les budgets nationaux. Elles doivent donc être accordées et évaluées soigneusement car elles sont coûteuses et ces dernières risquent d’aggraver les déficits publics. La Stratégie pour la croissance verte propose une série d’objectifs que ces mesures doivent atteindre pour préserver les ressources naturelles et environnementales. L’innovation verte est l’un des principaux objectifs à atteindre pour assurer une transition vers une croissance verte. L’OCDE considère que dans ce domaine « l’instrument idéal sera suffisamment strict pour encourager un niveau optimal d’innovation, assez stable pour donner aux investisseurs des horizons de planifications suffisants pour des investissements risqués, assez flexible pour encourager des solutions innovantes et pour pouvoir être étroitement ciblé sur l’objectif afin d’éviter un gaspillage d’efforts, et il incitera à un changement continu ». Il faudra également modifier le comportement des consommateurs notamment pour faire émerger une nouvelle demande dans des produits qui sont plus respectueux de l’environnement. C’est un effort important qui doit être fait dans ce domaine car les habitudes en ce domaine sont difficiles à modifier. Pour stimuler la croissance il conviendra de développer les mesures qui vont favoriser l’investissement et notamment dans les infrastructures. Enfin la transition vers la croissance verte devra contribuer à l’emploi. Elle appelle à une transformation économique qui aura des effets considérables sur le marché du travail. Des emplois seront créés, et ceux des secteurs gris devront être redéployés vers les secteurs verts. Il faudra donc développer un marché du travail dynamique, flexible. Il s’agira également de protéger les demandeurs d’emplois notamment en augmentant leur qualification et en garantissant des ressources et des aides efficaces pour les chômeurs. Mettre en œuvre un modèle économique générant une croissance verte ne suffit pas. Il faut en plus développer des indicateurs pour mesurer les progrès et les effets positifs réalisés dans le but de générer de la croissance et préserver les ressources environnementales.

2. Mesurer les progrès de la croissance verte :

Une élaboration d’indicateurs nécessaires En l’absence d’un cadre de mesures et d’outils statistiques donnant des informations fiables et précises, les pays ne peuvent pas savoir s’ils ont réalisé des progrès pour « verdir » leur croissance, malgré les politiques qu’ils ont mises en œuvre pour répondre à cet objectif. L’élaboration d’une base de données constitue un élément fondateur pour développer la croissance verte. Ces critères vont également permettre aux états de comparer leurs résultats. Cette comparaison peut également contraindre les états qui prennent du retard à développer leur politique de croissance verte ou d’affiner leurs critères pour que la transition de leur mode de production se réalise. L’OCDE a donc déterminé des groupes d’indicateurs les plus complets possibles pour s’assurer d’une bonne connaissan)ce par les états des déterminants de la croissance verte. L’OCDE doit donc vérifier que les données qu’elle a érigées donnent un maximum d’informations aux pays pour qu’ils mettent en place la croissance verte. Aujourd’hui l’indicateur qui sert de base pour mesurer la croissance économique est le Produit Intérieur Brut (PIB). Il permet d’évaluer l’évolution de la richesse d’un pays. Dans un rapport 2012 ,l’OCDE propose un ensemble d’indicateurs qui n’est ni exhaustif ni définitif et qui est suffisamment souple pour que les pays puissent l’adapter en fonction de leur propre contexte national propre. L’OCDE a alors dégagé quatre groupes d’indicateurs : la productivité environnementale et les ressources de l’économie ; la base d’actifs naturels ; la dimension environnementale de la qualité de vie ; les opportunités économiques et les réponses politiques. • Le premier groupe d’indicateur est celui de la productivité environnementale et de la productivité des ressources : Elle représente le volume de production par unité de services fournis par les actifs naturels. Il faut améliorer la productivité environnementale. Cela veut dire qu’il faut mesurer l’efficience avec laquelle les ressources et l’environnement sont employés dans le cadre de la production et de la consommation, de même que son évolution au fil du temps, dans l’espace et entre secteurs. Il est essentiel de s’intéresser à la sphère de production. En effet au cours du processus de production, des biens sont transformés (consommations intermédiaires ou intrants intermédiaires) pour devenir des biens consommables (extrants économiques). Les entreprises ont donc recours à des services fournis par les actifs naturels. Il s’agit soit de ressources naturelles directement utilisées dans la production soit de la capacité d’absorption par le milieu des résidus et agents polluants rejetés par les entreprises. Les services fournis par les actifs naturels sont rarement quantifiés dans les modèles et les cadres comptables économiques. Leur étude est cependant indispensable pour contribuer au verdissement de la croissance. Il est donc important pour les états de disposer d’indicateurs pour mesurer la productivité environnementale et des ressources. La modification de la productivité environnementale et la meilleure utilisation des actifs environnementaux peut résulter de plusieurs effets. La première cause serait d’opérer une substitution entre les actifs naturels et les autres intrants. De manière générale les intrants sont les éléments de production qui permettent la transformation de biens en biens consommables. Les intrants font alors référence aux intrants factoriels (facteur travail et facteur capital) et aux intrants intermédiaires (consommation intermédiaire). On va par exemple réduire l’impact du facteur capital (machines) et utiliser plus de facteur travail (salariés) pour limiter la consommation en électricité ou en eau par exemple. La deuxième cause pourrait résider dans un changement de la composition des industries. Il s’agira ici de limiter l’activité ou d’abandonner les secteurs industriels qui ont des impacts négatifs sur l’environnement. Par exemple on va abandonner la filière nucléaire et décider de développer l’énergie éolienne ou solaire pour produire plus d’électricité. La troisième et dernière cause est la modification de la productivité multifactorielle. La productivité multifactorielle désigne la productivité du facteur capital et du facteur travail. Il s’agit ici de surveiller l’efficacité des facteurs de production. L’augmentation de la productivité des facteurs est source de croissance. La hausse de la productivité peut résulter d’une meilleure organisation du travail ou de l’incorporation du progrès technique dans l’entreprise. Elle peut ainsi permettre une meilleure utilisation des ressources et des actifs environnementaux. • Le deuxième groupe d’indicateurs est celui du suivi du stock d’actif naturel ou de la base d’actif naturel. Pour s’assurer d’une croissance verte pérenne, il faut tenter de préserver intact la base d’actif naturel de notre planète. Il est essentiel de surveiller l’évolution et l’impact des activités humaines sur cette base. L’amenuisement des actifs environnementaux et des ressources naturelles fait peser un risque sur la croissance. En effet la diminution des ressources naturelles a un double impact négatif. Premièrement elle risque de ralentir la production et de freiner la croissance. En second lieu l’épuisement des ressources naturelles va également entrainer une hausse des prix de ces actifs ce qui va constituer un coût supplémentaire pour les entreprises mais aussi pour les consommateurs. Le suivi du stock d’actif naturel impose également une étude sur l’investissement net qui est constitué par l’ensemble des investissements réalisées pour préserver l’environnement et par les efforts de régénération naturelle auxquelles on a retiré les activités qui déprécient ou épuisent le stock d’actif naturel. Cet investissement doit être positif. S’il est négatif cela signifie que les activités qui dégradent l’environnement sont plus importantes que les efforts qui sont faits pour le préserver. • Le troisième groupe d’indicateurs concerne le suivi de la qualité environnementale de la vie. L’objectif de la croissance verte est de favoriser la croissance économique pour permettre une augmentation du niveau de vie tout en veillant à ce que les actifs naturels soient préservés et pour qu’ils continuent de contribuer au bien-être de la population mondiale. Les indicateurs de la croissance verte doivent donc prendre en compte cette dimension de bien-être. Ce fut l’un des reproches invoqué pour contester les modes de comptabilité nationale classique fondés sur le PIB ou le PNB pour mesurer les progrès de la croissance. Ces derniers sont jugés incomplets ou superficiels notamment car ils oublient de prendre en compte la qualité de la vie des individus. Ainsi une augmentation du PIB révélatrice d’une croissance économique peut se faire au détriment du bien-être des individus. Par exemple une augmentation de la pollution qui entraine un développement des maladies pulmonaires. Pour mesurer les progrès de la croissance verte, il faut donc prendre en compte les dimensions liées à la qualité de vie pour mesurer l’impact direct de l’environnement sur les personnes. Les résultats environnementaux permettront de ce fait de déterminer l’état de santé et le bien-être général. • Le quatrième groupe d’indicateurs consiste à mesurer l’opportunité économique et réponses politiques apportées par les considérations environnementales. Ces indicateurs visent à capter les mesures politiques qui influencent sur le comportement des producteurs et des consommateurs et les opportunités économiques liées à l’innovation, aux secteurs des biens et services environnementaux, à l’emploi, l’investissement, l’éducation et la formation. La transition vers une croissance verte implique un suivi des mesures qui visent à favoriser la croissance tout en préservant les actifs environnementaux nécessaires pour notre bien-être. Il s’agit ici de s’assurer que les politiques des états n’entravent pas les progrès nécessaires pour verdir la croissance. Elle sert aussi d’indice pour s’assurer de l’efficacité des politiques environnementales. La croissance verte apparait comme une solution alternative pour répondre pour garantir un niveau de vie suffisant aux individus par le maintien de la croissance tout en relevant le défi de préserver les ressources environnementales qui constituent un enjeu fondamental de la société contemporaine. Les états jouent donc un rôle essentiel pour mettre en place ce modèle économique. Une coopération et un effort de l’ensemble de la communauté internationale est nécessaire pour favoriser la transition d’une croissance capitaliste vers une croissance verte. Cependant malgré les espoirs que suscitent la croissance verte, ce modèle présente certaines insuffisances et soulève des doutes qui freinent les états à s’orienter vers une politique de croissance verte.

II. LES INSUFFISANCES DU MODELE DE LA CROISSANCE VERTE

La croissance verte soulève des doutes quant à sa capacité de répondre aux objectifs qu’elle s’est fixée de contribuer à la croissance tout en minimisant les impacts d’une hausse de la production. Le modèle de la croissance verte n’est pas sans faille. Il présente en effet certaines limites (A). De plus ce modèle est contesté car on estime qu’il n’est pas le plus optimal pour générer de la croissance et pour préserver l’environnement (B).

A. Les limites de la mise en place d’un modèle économique basé sur la croissance verte

La croissance verte présente certaines limites. Les premières sont liées aux modèles dégagées par l’OCDE pour mettre en œuvre la croissance verte (1). Les secondes sont liées à la conjoncture économique qui ne permet pas aux états de développer la croissance verte (2).

1. Les insuffisances de la Stratégie pour la croissance verte

La croissance verte offre une opportunité de réflexions sur la mise en place d’une nouvelle façon de produire et de consommer qui est plus respectueuse de l’environnement. Elle offre la possibilité de donner un avenir meilleur pour les générations futures. Cependant le modèle de la croissance verte présente certaines limites et certaines insuffisances qui montrent que ce modèle est perfectible, et qu’il n’apporte pas toutes les garanties exigées pour transformer notre société. La Stratégie de la croissance verte présente une série de mesures et d’outils à la disposition des gouvernements pour assurer des objectifs qui vont permettre l’émergence d’un nouveau modèle de croissance. L’OCDE laisse le choix aux états de déterminer quels instruments sont les plus aptes à obtenir les résultats recherchés. En effet ce sont les pouvoirs publics nationaux qui sont « les mieux placés » pour déterminer quels outils ils vont utiliser en raison de leur contexte économique et institutionnel. Cependant on peut se demander si l’application de ces outils ne se fera qu’en fonction des considérations politiques des gouvernements et cela peut créer de l’instabilité. En effet si un premier gouvernement décide que pour transformer la croissance il faut donner des subventions pour inciter aux changements de comportements, un second gouvernement pourra choisir de mettre en place des taxes ou des impôts pour limiter l’impact des agents sur l’environnement. Laisser le choix aux états, c’est aussi prendre le risque que l’objectif de ces mesures soit détourné. Par exemple un pouvoir public peut créer un impôt sur les consommations énergétiques des ménages. Le but recherché en l’espèce sera-t-il de dégager des revenus ou protéger l’environnement. ? En effet si les sommes perçues sont de plus en plus importantes c’est que l’impôt ne remplit pas sa fonction de protection de l’environnement. Cela constitue donc un échec pour la mise en place d’une la croissance verte. L’OCDE admet qu’aujourd’hui les outils utilisés par les pays sont essentiellement des mesures qui impliquent des dépenses publiques pour encourager les acteurs à moins polluer. Ces mesures contribuent à une aggravation des déficits publics. Justement l’OCDE n’apporte aucune réponse sur la manière dont les états doivent concilier la gestion de leur déficit public et la mise en œuvre de la croissance verte. Elle encourage l’investissement (pas seulement public), mais certains états n’ont pas les moyens de développer des ressources pour investir, ni de donner des garanties à des investisseurs. Concernant les indicateurs qui sont chargés de contrôler les progrès réalisés pour la mise en œuvre d’une croissance verte, ces derniers viennent s’ajouter aux indicateurs actuels de la croissance que sont le PIB pour donner une vision plus complète et plus précise de la croissance. Ces indicateurs doivent servir de moyens de comparaison entre les états. Pour mesurer la croissance verte, il faut notamment prendre en compte la productivité des actifs naturels qui interviennent dans la production. Or l’éventail de ces actifs varie d’un pays à l’autre même s’il y a des actifs naturels communs d’un pays à l’autre (c’est le cas de l’eau). Les bases de comparaison seront faussées. De plus ces multiplications d’indicateurs risquent de rendre opaques l’analyse de la croissance verte des pays. Les chiffres seront de plus en plus difficiles à analyser. La Stratégie pour la mise en œuvre de la croissance verte insiste sur la nécessité de la coopération entre les états. Mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus international. En effet ce sont les pays de l’OCDE qui en 2009 ont donné un mandat pour que soit établie cette stratégie. Or ils représentent une minorité des états de la communauté internationale. Les pays membres de l’OCDE sont essentiellement des pays développés européens et anglo-saxons. Or le but de la coopération internationale est de soutenir et intégrer les pays peu développés et en développement dans la Stratégie pour la croissance verte. Mais comment peut-on mettre en œuvre une croissance verte si la majorité des pays n’a pas approuvé cette stratégie ? Les défaillances de la Stratégie de la croissance verte résultent également de l’absence de réponse sur certaines questions qui font débat et qui sont les principales critiques du modèle capitaliste actuel. C’est surtout sur ce point que le modèle de la croissance verte est décevant. Elle n’apporte pas de réponse quant à la redistribution de ses revenus. La croissance économiste capitaliste a permis un développement et une augmentation du niveau de niveau de vie des individus. Cette affirmation est incontestable. Ce sont notamment les revenus dégagés par la croissance qui ont contribué à cet épanouissement. On ne peut pas également contester que la répartition des revenus de la croissance a été inégale, qu’elle n’a pas résolu les problèmes de la pauvreté et que seule une minorité des pays du monde a pu profiter de ces effets bénéfiques. Ces derniers points sont fortement critiqués par les objecteurs à la croissance économique actuelle. Il est décevant de constater que la Stratégie de la croissance verte ne s’intéresse pas à la redistribution des revenus dégagés par cette dernière. D’autant plus que la croissance verte s’inscrit dans la lignée du développement durable qui comporte un volet social aussi important que celui de l’économie et de l’environnement. Les marchés financiers qui font l’objet d’une profonde méfiance de la part de l’opinion ne sont pas évoqués dans la stratégie pour la croissance verte. Ils sont considérés comme ayant été l’un des principaux responsable de la crise économique de 2008, ils sont fortement contesté et critiqué et sont révélateurs des excès et de la démesure du capitalisme actuel. Pourtant ils sont totalement occultés de l’analyse de la croissance verte. Il est vrai que l’objectif de la croissance verte n’est pas tant dans la réforme des marchés financiers mais plutôt dans la recherche de la meilleure efficacité et prise en compte des actifs naturels dans le processus de production. Cependant on pourrait dire que cette limite d’action démontre une fois de plus le caractère restrictif et le manque d’ambition de la stratégie de la croissance verte qui ne consiste finalement qu’en une réforme économique et environnementale partielle. Le capitalisme actuel est ponctué de crise systémique qui entraine des bouleversements dans le système économique mondial. La croissance verte est un modèle basé sur le système capitaliste. Elle est vraisemblablement soumise au même risque de crise. Sur ce point, la stratégie de la croissance verte ne donne pas de solution pour réduire ce danger. Malgré la volonté de donner une solution alternative aux capitalismes actuels en centrant l’économie sur la prise en compte des actifs naturels, la croissance verte est soumise à des risques de crise identique. Enfin on remarquera que l’OCDE laisse une liberté totale aux gouvernements pour mettre en œuvre la croissance verte. Aucune disposition contraignante n’a été élaborée pour sanctionner un état qui ne ferait pas l’effort de mener une politique respectueuse de l’environnement. L’OCDE s’en remet aux pouvoirs politiques pour que ces derniers fassent de la croissance verte une priorité. Pourtant l’inaction d’un état pourrait avoir des conséquences préjudiciables sur l’environnement et sur la croissance verte. On pourrait parler de concurrence déloyale. L’impact des activités humaines sur l’environnement continuera de se faire ressentir. L’absence de sanction montre que la Stratégie pour la croissance verte n’est pas suffisamment ambitieuse pour contraindre un gouvernement à se conformer à ces règles. Pourtant il apparait nécessaire de modifier notre modèle économique pour répondre aux défis de demain. Dès lors comment faire comprendre à un pays la nécessité de transformer sa croissance si aucune sanction n’est prévue ? L’OCDE ne répond pas à cette interrogation. La solution qui semble apparaitre est que les autres états vont décider de ne plus importer des produits issus du pays qui ne met pas en œuvre une politique de croissance verte. Cependant cela conduit à mettre en place du protectionnisme. Or l’un des buts de la croissance verte est de lutter contre le protectionnisme. Les insuffisances du modèle de la croissance verte ne constituent pas la seule limite. En effet la mise en place de la croissance verte dépend également du retour d’une conjoncture économique propice pour les états.

2. Une conjoncture difficile freinant la mise en place de la croissance verte

Dans un rapport de 2009 , l’OCDE estimait que la crise économique devait servir d’accélérateur pour transformer la croissance pour que cette dernière soit plus respectueuse de l’environnement et que les actifs environnementaux soient pris en compte dans le processus de production. La crise économique de 2008 était selon l’OCDE « une chance » pour développer l’investissement et l’innovation verte et de créer des emplois nouveaux et assurer la transition des activités industrielles en difficultés (secteur gris) vers les activités nouvelles et plus respectueuses de l’environnement. Cependant la crise économique n’a pas été un moteur pour relancer l’activité économique des pays développés. Elle a plutôt conduit à une inertie d’action de la part des gouvernements. La liberté de la mise en œuvre de la croissance verte a été donnée à chaque état, elle n’a pas été imposée. Les échecs des différents sommets internationaux relatifs à l’environnement depuis une vingtaine d’année montrent que les questions environnementales ne font pas partie des préoccupations principales des gouvernements. De plus les pouvoirs publics ont plutôt cherché à faire des politiques à court terme au lieu d’entamer des politiques dont les effets positifs se réalisent sur le long terme. Cela peut s’expliquer essentiellement par deux raisons : La première raison est que la prise de décision rapide et sur le court terme était nécessaire du fait de l’urgence de la situation économique des états à répondre à ces situations critiques notamment en luttant contre le chômage, relançant la croissance ou en luttant contre le déficit et la dette publique par exemple. La seconde est de nature politique ou stratégique. En effet l’horizon et la vision des décideurs politiques se fait souvent à court terme pour que leur politique produise des résultats rapides et positifs pour conquérir leur électorat. Il est donc difficile pour eux de prendre des mesures impopulaires et de la justifier. Ce fut le cas par exemple en France avec « l’écotaxe ». La Stratégie pour la croissance verte insiste sur la nécessité de réaliser des investissements notamment pour favoriser l’innovation et inciter à des comportements plus respectueux de l’environnement. L’OCDE recommande la mise en place de mesures fondées sur le marché (échanges de droits négociables) notamment parce que l’intervention de l’Etat n’est pas nécessaire pour réguler ce marché. Néanmoins aujourd’hui les instruments qui sont utilisées pour transformer la croissance sont essentiellement des moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics par le biais des dépenses fiscales ou par les subventions. Ces dépenses publiques ne contribuent pas à l’amélioration des déficits des états. Or la réduction des déficits est l’un des objectifs principaux des états. Les subventions et l’investissement publics sont donc relativement peu importants. L’investissement privé reste également assez limité. Les actionnaires et les dirigeants des entreprises dont l’activité pourrait être remise en cause par une conversion écologique sont hostiles à des modifications et maintiennent le statu quo. Elles ne vont pas investir dans les nouvelles technologies ou de nouvelles activités qui risquent d’entrainer un reclassement de l’entreprise ou la cessation de son activité. La conversion écologique de notre société se traduirait par la disparition ou la forte réduction du poids de certains secteurs économiques. De ce fait ces entreprises sont peu enclines à réaliser des investissements. En matière d’emploi les salariés ont également des difficultés à accepter la transformation de la croissance actuelle. En effet ces derniers peuvent être relativement réticents aux changements structurels des activités notamment parce qu’ils peuvent entrainer du chômage et des difficultés pour retrouver un emploi. De plus aujourd’hui les salariés ont besoin de la croissance économique notamment pour lutter contre le chômage de masse et donner aux demandeurs d’emploi un revenu d’assistance. La croissance verte appelle aussi à un changement de comportement des consommateurs. Cependant dans la société de consommation actuelle ces derniers seront peu favorables à évoluer. En effet bien que l’opinion publique soit souvent favorable et enthousiaste lorsqu’on parle de protection de l’environnement, elle n’en n’assume pas son rôle d’acteur. En effet les individus sont peu favorables à réduire leur consommation énergétique, diminuer leur niveau de vie, faire des efforts en faveur de l’environnement ou d’accepter une taxe ou impôt pour limiter leur impact sur la planète. La mise en œuvre de la croissance verte est aussi ralentie par la rivalité entre les états qui ne sont pas prêts à transformer leur modèle économique. Les inégalités entre ces derniers est un frein à la transition vers une croissance verte. Cela se retrouve notamment lors des sommets internationaux et dans la difficulté de dégager des compromis au niveau mondial pour trouver des solutions en faveur de l’environnement. A ce titre on peut faire référence aux échecs du sommet de Copenhague de 2009 et de Rio + 20 en 2012. Les pays émergents estiment qu’ils sont en droit de bénéficier des ressources que leur procure la croissance économique pour continuer de se développer. Ils estiment également que la dégradation de l’environnement vient avant tout de la politique industrielle qu’ont mené les pays riches. Les pays du Nord accepteront de baisser leurs émissions polluantes qu’à l’unique condition qu’ils ne soient pas les seuls à supporter cet effort. Les difficultés de mettre en œuvre la croissance repose sur ce que Philippe FREMEAU appelle la « préférence pour le présent ». Il estime que même si les économistes sont favorables à des investissements pour stimuler l’innovation verte et éviter un risque de catastrophe naturelle ou une pénurie de ressources qui auraient des effets néfastes sur la croissance économique, les décideurs politiques préfèrent agir dans le moment présent et ne se projettent pas trop dans l’avenir. Ainsi la volonté de répondre aux problèmes du présent est plus importante que de répondre aux éventuels défis du futur. Cette logique va l’encontre du développement durable qui repose sur la nécessité d’assurer un meilleur avenir aux générations futures. Finalement pour mettre en œuvre la croissance verte, il faudra d’abord assurer la croissance économique. En effet si on veut développer les investissements et l’innovation, encore faut-il que les états puissent investir eux-mêmes ou à défaut accorder des subventions pour encourager les investisseurs et les entrepreneurs à lancer des projets nouveaux. La croissance verte est également contestée car on estime qu’elle n’est pas le modèle qui s’intègre le mieux dans une politique de développement durable. Pour cela d’autres doctrines sont mises en avant.

B. Les contestations du modèle de la croissance verte

Malgré la volonté affichée du modèle de la croissance verte de générer de la croissance et de préserver les ressources environnementales, ce modèle est fortement contesté. D’autres théories proposent des solutions différentes pour incarner notre modèle économique futur (1). Cependant l’élaboration d’une croissance verte, ainsi que l’ensemble des remises en cause de ce modèle permettent de poser la question et de s’interroger sur la relation et une possible conciliation entre économie et écologie (2).

1. La croissance verte, un modèle remis en cause par d’autres théories

La Stratégie pour la croissance verte présente des limites. Elle est notamment très contestée par des auteurs appartenant à différents courants économiques à cause de ses insuffisances et de son manque d’ambition pour mettre en place un système économique qui permettra le bien être des générations futures. Cette remise en cause de la croissance verte est essentiellement portée par deux modèles économiques : • Tout d’abord il est contesté par les défenseurs du modèle actuel qui estiment que la croissance verte est une nouvelle idéologie que l’on veut nous imposer et qui pose plus de problème qu’il apporte de solutions. Premièrement, ils dénoncent certains manquements de cette croissance verte notamment la question de la redistribution des revenus de la croissance. Ce point est pourtant essentiel pour les économistes capitalistes car ils rappellent que la croissance économique contribue à l’augmentation du bien-être des individus de la population mondiale. Deuxièmement, en fin de compte ils doutent sur les possibilités de ce modèle de générer une croissance durable. En effet ils considèrent qu’au lieu d’encourager et développer l’innovation et le progrès technique, on préférera ajouter des normes techniques et spécifiques pour contribuer à une meilleure productivité des actifs environnementaux. Cette accumulation de normes va entrainer des coûts supplémentaires pour les entreprises. Ceci va proquer soit une baisse de la production soit une augmentation des prix à la consommation. Il y aura donc un impact négatif sur la vie des entreprises et cela va contribuer à un ralentissement de la vie économique et de la croissance. Troisièmement les défenseurs du système capitaliste actuel mettent en garde la « dérive administrative » à laquelle pourrait conduire la croissance verte. Ils remarquent que de nombreuses mesures relèvent de l’intervention des pouvoirs publics qui vont choisir d’octroyer des subventions ou décider de mettre en place des impôts et des taxes. Cette intervention étatique est mauvaise pour l’économie de marché et elle fausse la concurrence. Elle serait également un facteur de l’apparition des crises économiques. Ils estiment que le meilleur moyen de préserver le marché c’est de laisser le marché trouver la solution. En effet le capitalisme génère de la destruction créatrice qui pousse les entreprises à innover pour leur assurer une position sur le marché. Il faut libéraliser le marché. La concurrence va favoriser l’émergence de nouveaux modes de production qui auront des impacts positifs et qui contribueront à préserver la planète. Ce que l’on peut reprocher au capitalisme actuel c’est qu’il est générateur de crise importante qui bouleverse l’économie mondiale. Il a également développé la société de consommation qui pousse les producteurs à produire plus et les consommateurs à toujours plus consommer. Les possessions individuelles conditionnent le niveau social. Finalement personne n’est prêt à faire des efforts et à renoncer à son confort pour sauver la planète. • Puis le modèle actuel est fortement critiqué par ceux que l’on nomme les objecteurs de la croissance ou les partisans de la décroissance. La décroissance caractérise un courant de pensée dénonçant la course à la production et la nécessité de produire d’avantage. L’initiateur de ce mouvement est l’économiste Nicholas GEORGESCU-ROEGEN. Ce courant prend de plus en plus d’ampleur notamment avec la dernière crise économique qui a profondément marqué les individus et mis en avant les abus du système capitaliste. Ils proposent de réformer le modèle économique actuel. Ils souhaitent stopper les effets immoraux du capitalisme notamment en freinant la société de consommation. La décroissance a également pour fondement de diminuer le niveau de production sans pour autant qu’il ne soit porté une trop grande atteinte au niveau de vie des individus qui lui aussi doit être maitrisé. Les théoriciens de la décroissance prônent pour la réduction de la production de richesse. Ils estiment que c’est la seule façon de résoudre les problèmes écologiques. Les partisans de la décroissance contestent la croissance verte car ils estiment qu’elle n’est qu’un substitut du capitalisme actuel. En effet elle n’instaure pas de réel changement et ne propose pas de refonte du modèle capitaliste. Au contraire la croissance verte encourage l’augmentation de la production et des richesses et donc à l’augmentation du niveau de vie. Elle ne traite pas de l’aspect immoral du capitalisme. Selon eux la croissance verte ne permet pas de répondre aux enjeux écologiques auxquelles le monde est confronté. Les instruments qu’elle propose pour « verdir » la croissance sont insuffisants. Ils dénoncent également la liberté laissée aux états et l’absence de mesures contraignantes ou de sanction pour « forcer les états » à prendre des politiques respectueuses de l’environnement. Au final, les objecteurs de la croissance estiment que la croissance verte ne répond pas aux exigences du développement durable notamment parce qu’elle oublie de traiter du pilier social et que le pilier environnemental n’est pas suffisamment pris en compte. Ce que l’on peut reprocher à la théorie de la décroissance, c’est sa déconnexion avec la réalité économique. Les revenus générés par la croissance ont permis une augmentation du niveau de vie des individus. Si on stoppe la croissance ces revenus ne seront plus redistribués. Il semble donc impossible que l’on puisse combattre les inégalités la pauvreté ou le chômage. Si on ralentit la production, les entreprises demanderont moins de facteur de travail, cela créera du chômage. De plus pour compenser cette baisse de facteur travail, elles vont compenser en utilisant plus de machines (capital). Or la pollution va augmenter. Ce que l’on peut remettre en cause également de la théorie de la croissance, c’est la volonté de ses défenseurs d’imposer ce système à la communauté internationale. Même si son but est louable, imposer un modèle de manière unilatérale va à l’encontre des libertés individuelles (notamment celle d’entreprendre), cela peut conduire à des dérives et des excès à l’image des économies communistes mises en place dans l’ex union Soviétique. • Enfin un troisième modèle économique peut être invoqué. Il s’agit de l’économie verte. Il ne remet pas fondamentalement en cause la croissance verte mais il convient de les distinguer car même s’ils peuvent se combiner et que leur but se rapproche, la mise en œuvre de ces deux modèles est différente. L’économie verte désigne « L’activité économique qui entraine une amélioration du bien être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie des ressources ». L’économie verte regroupe deux types d’activités : Les premières concernent les activités économiques classiques réalisées avec des procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie. Les secondes concernent les éco-activités dont la finalité est la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles. L’économie verte est l’un des objectifs de la croissance verte dans son volet développement des « technologies vertes ». Cependant l’économie verte en tant que modèle économique diffère de celui de la croissance verte sur trois points : Tout d’abord la croissance verte ne soutient les transformations écologiques que si elles contribuent à générer de la croissance. L’économie verte entend soumettre la réalisation de profit à l’impératif de réduction de la pression écologique que les activités humaines exercent sur l’environnement. La question de la croissance est secondaire. Cela ne signifie pas pour autant que l’économie verte ne doit pas générer de la croissance. Ensuite la croissance verte souhaite une utilisation plus économe des actifs environnementaux dans le processus de production. Elle raisonne donc par unité de production (valeur absolue). Elle ne traite pas de l’effet de rebond. En effet si on parvient à diminuer les émissions polluantes des transports en commun (par exemple pour les bus) mais que dans le même temps la demande augmente plus que les économies d’énergies réalisées, il y a une augmentation de la pollution. Ce point n’est pas pris en considération par la croissance verte puisqu’elle ne prend en compte que les facteurs de production. En revanche l’économie verte s’intéresse à la fois au progrès technique réalisé mais aussi aux politiques qui permettent la diminution de la pression des activités de l’homme sur l’environnement. Enfin contrairement à la croissance verte, l’économie verte traite de la question de la répartition des ressources et de la réduction des ressources. Ce que l’on peut reprocher à l’économie verte c’est qu’elle ne fait pas de la croissance économique une question prioritaire au même titre que la réduction des externalités environnementales négatives. Au final la mise en place d’un modèle de croissance verte, le débat sur ses insuffisances et la réflexion d’autres théories permettent de traiter de la question de la conciliation entre l’économie et les enjeux environnementaux.

2. La croissance verte, un débat sur la conciliation des enjeux économiques et des enjeux environnementaux

La question de la gestion des ressources naturelles et environnementales n’a cessé de prendre de l’importance depuis le rapport Meadows de 1972. L’augmentation continue de la pression démographique et des activités humaines sur l’environnement vont avoir un impact important sur l’environnement. Le modèle économique actuel a contribué à dégrader les conditions de vie sur la planète. Il a aussi était vecteur d’un accroissement des inégalités et il n’a pas résolu le problème de la pauvreté. Les ressources naturelles ne sont pas illimitées. Les économistes considèrent que la dégradation des ressources aura également des effets néfastes sur la croissance. Il faut agir pour éviter ce risque. Cependant on ne peut pas contester que ce modèle a permis une augmentation du niveau de vie des individus et à contribuer au développement de notre société. Il s’agit donc de trouver un cadre économique qui permette de concilier les effets bénéfiques de la croissance avec la protection des enjeux environnementaux. C’est dans ce contexte le développement durable est apparu sous l’impulsion du « rapport Brundtland ». Il s’agit du développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Il intègre trois dimensions : La dimension économique qui tend vers la croissance des richesses et une gestion optimale des capitaux qui composent le bien être. La dimension sociale qui suppose que les richesses dégagées doivent être partagées équitablement dans le monde et entre les générations grâce à l’accès à l’éducation et à des emplois durables. La dimension environnementale qui prévoit que les ressources et la planète doivent être préservées par le maintien de la biodiversité et l’équilibre des écosystèmes. La croissance verte permet de continuer le débat sur la conciliation des intérêts économiques et des enjeux environnementaux. Sa Stratégie tente de faire la synthèse entre la poursuite de l’augmentation des richesses et de la production avec la prise en compte des actifs environnementaux et de la nécessité de protéger la planète. Elle s’inscrit dans une logique de développement durable. Cependant le compromis de la croissance verte ne permet pas aujourd’hui de dégager un modèle viable pour les années à venir à cause de ses insuffisances. Les gouvernements ne semblent pas non plus enclins à transformer leur croissance et de changer de modèle économique. La conciliation entre économie et environnement ne va pas de soi. Les intérêts et les priorités entre ces deux notions ne sont pas les mêmes et ne sont pas forcément compatibles comme on a pu le démontrer dans la partie précédente à travers des modèles qui proposent des théories alternatives à la croissance verte et au système économique actuel. On peut remarquer que malgré la prise en considération toujours plus importante des questions environnementales, ces dernières ne se concrétisent pas dans la réalité ni au niveau politique ni au niveau des individus. L’impact de l’homme sur l’environnement a toujours existé bien avant l’ère industrielle. Les premières réelles remises en cause du modèle concernant ses effets négatifs sur l’environnement n’ont débuté qu’à partir de la fin des années 1960 lors d’une crise de société mondiale. La question environnementale a été relancée au début des années 1990 puis en 2008 avec la crise économique. On peut l’expliquer de la façon suivante : dès lors que l’activité économique contribue à l’augmentation du niveau de vie et à la prospérité collective, la question environnementale passe au second plan. Les individus sont souvent attachés à la question environnementale et à la protection de la planète. Cependant ils sont peu enclins à en devenir des acteurs principaux. Finalement tout le monde espère la protection de la planète sans pour autant vouloir y contribuer. Cela montre donc que la préoccupation environnementale est secondaire. Elle ne touche les individus que lorsque l’activité économique est au ralentie. Les individus ne veulent pas pour autant devenir des acteurs. L’action de l’OCDE est aussi révélatrice de ce comportement. Elle a profité de la crise pour introduire sa stratégie sur la croissance verte. Depuis que cette stratégie a été élaborée en 2011 en amont de Rio +20, l’OCDE n’a pas réalisé de nouveaux travaux pour compléter les insuffisances de ce modèle. Ceci semble pouvoir être expliqué pour deux raisons : la première raison c’est qu’il n’y a plus de grand sommet environnemental en perspective, et que le dernier a été un échec (RIO+20 en juin 2012). La seconde raison c’est le début d’une reprise économique pour les pays développés qui laisse entrevoir un retour possible d’un bon niveau de croissance, reléguant au second plan l’urgence environnementale. On ne parvient toujours pas à traiter des priorités économiques en même temps que les priorités environnementales, il y a toujours un décalage entre ces deux notions, l’une est toujours favorisée par rapport à l’autre. Si elles ne sont pas traitées avec la même importance, on ne peut pas prétendre à voir émerger un modèle qui concilie économie et environnement. Le débat sur la protection de la planète amène à une remise en cause plus ou moins importante de notre modèle économique actuel. La volonté d’imposer un autre système de production en faisant de la priorité environnementale, un enjeu absolu et unique peut être perçue comme une forme d’idéalisme. La préservation des ressources naturelles et de la planète ne peut pas se faire au détriment du bien être des individus. Contraindre les individus à adopter un comportement donné, en l’espèce la sauvegarde de l’environnement va à l’encontre des libertés fondamentales sur lesquelles notre société est fondée. On peut citer comme exemple le communisme qui a été mis en place en Europe de l’Est. On a voulu imposé un modèle plus égalitaire, plus équitable, plus juste que le modèle capitaliste. Au final cela a abouti à une dictature, à une augmentation de la pauvreté et des inégalités, et à une forte répression pour forcer à l’acceptation de ce modèle. On ne peut donc pas se fier aux théories qui prétendent vouloir réformer le modèle économique actuel et offrir un monde meilleur. Ces théories souffrent de limites aussi importantes que le système actuel. Elles ne permettent pas non plus de répondre aux grands enjeux du futur. La Stratégie pour la croissance verte de l’OCDE est différente en ce point. Elle propose une synthèse entre la défense de la planète et l’augmentation de la production des revenus. La croissance verte n’a pas la prétention (ni la volonté) d’opérer une refonte complète de notre système économique. Elle offre une opportunité de donner à notre modèle une dimension plus qualitative tout en conservant son aspect quantitatif. Elle permet donc une relative conciliation entre les enjeux économiques et environnementaux, car en effet ce modèle comme on l’a vu présente certaines limites. Les modèles qui proposent une évolution de notre système économique portent essentiellement sur un travail et une demande d’effort concernant l’offre. La croissance verte n’échappe pas à ce constat. Les mesures concernant les consommateurs sont peu nombreuses et elles ne portent que sur des instruments d’incitation ou d’imposition pour orienter les comportements des individus. La transformation de l’économie concerne donc pratiquement exclusivement l’offre. Ces outils sont parfois inefficaces et peuvent même peser sur l’activité des entreprises (taxes ou impôts) et ralentir la production ou contribuer à une augmentation des prix. Dès lors il convient de s’interroger pour savoir si une action sur la demande ne serait pas plus efficace. Il ne s’agira pas de lui imposer un changement radical comme on pourrait le faire par le biais de taxations ou de dépenses fiscales. Ces mesures peuvent être mal accueillies par les individus. Elles peuvent également diminuer leur pouvoir d’achat ce qui sera néfaste pour la croissance. Cependant il serait intéressant de développer l’éducation des citoyens, par des moyens d’information et le développement du mouvement et de l’action des associations. Cela peut faire prendre conscience aux individus qu’ils peuvent devenir des acteurs à part entière de la protection de la planète. Les consommateurs ont aussi un rôle à jouer sur l’offre. S’ils augmentent leur demande dans des produits ou des biens issus d’une production plus saine, les entreprises devraient réagir pour répondre aux nouvelles exigences des individus pour réaliser des profits et obtenir une position privilégiée sur un marché. Aujourd’hui il y a une faible demande en « produit vert » ce qui entraine un prix à l’achat élevé. Face à cette insuffisance de la demande, les entreprises sont peu enclines de s’orienter vers la production de ces biens car il y a peu de débouché et de rentabilité. La Stratégie pour la croissance verte (ainsi que les autres théories économiques fondées sur l’environnement) n’évoque pas ce changement progressif des mentalités des individus qui pourrait conduire à une prise de conscience collective et la mise en place d’une écologie citoyenne. Or dès lors qu’il s’agit de la protection de la planète, tout le monde doit devenir un acteur. Il ne suffit pas d’agir sur une seule catégorie d’agent économique. On ne pourra espérer une véritable conciliation entre intérêt économique et enjeux environnementaux que lorsque chaque personne voudra devenir un acteur de la sauvegarde de l’environnement et de la planète. Conclusion La Stratégie pour la croissance verte entre dans le cadre d’une réfléxion de l’émergence d’un modèle économique qui contribue à la mise en œuvre d’un développement durable. Les perspectives pour l’environnement de L’OCDE d’ici 2050 laissent entrevoir une forte augmentation de la population mondial. Il est nécessaire d’agir pour répondre aux défis auxquels nous serons confrontés dans le futur. En effet le modèle économique actuel ne pourra plus permettre une augmentation du niveau de vie des individus notamment à cause des effets irrémédiables que les activirés humaines ont eu sur l’environnement. La croissance verte propose une solution qui consiste à favoriser une croissance économique tout en veillant à une meilleure gestion des ressources naturelles et environnementales. Elle fait donc une synthèse entre la nécessité de produire plus pour augmenter le niveau de vie des individus et la nécessité de protéger l’environnement. Elle concilie les intérêts économiques et les intérêts environnementaux. Les différentes théories économiques qui proposent de transformer notre système actuel n’ont pas cette ambition. Le compromis trouvé par la croissance verte permet donc d’espérer l’émergence d’un nouveau modèle économique sain et plus respecteux de la planète. Cependant ce modèle de la croissance verte éprouve des difficultés à être appliqué et à émerger au niveau international. La crise et le déficit public croissant des états ont également eu un impact négatif sur la transformation de la croissance économique. Finalement il apparait que les questions environnementales passent au second plan et ne constitueLnt pas forcement une priorité pour les gouvernements. Ces derniers vont privilégier la prise de mesure sur le court terme dans le but de relancer leur économie ou pour mener des politques sectorielles qui permettent de produire des effets assez rapidement. Les décideurs n’ont pas le temps (politique) de se projeter sur le long terme. La stratégie pour la croissance verte comporte également certaines insufisances qui montrent les limites de cette dernière. Elle ne répond pas à certains enjeux fondamentaux de notre société. Elle occulte le volet social du développement durable notamment la redistribution des richesses générées par cette croissance. En fin de compte ce modèle est plutôt incomplet. De ce fait on peut se demander si la conciliation entre les intérêts économiques et les enjeux environnementaux soient pour l’instant possible. En effet si la protection de la planète ne constitue pas une priorité immédiate pour les gouvernements, les individus ne souhaitent pas devenir des acteurs du changement écologique. Cela rend difficile la transformation de notre croissance vers une croissance verte. En conséquence, la mise en œuvre du développement durable souhaité par l’OCDE pour garantir le bien être des générations futures ne pourra intervenir dès lors que chaque citoyen se sentira concerner à la mise en place de ce modèle. Il serait ainsi envisageable de contribuer à l’émergence d’une « citoyenneté écologique » notamment grâce à l’éducation, pour transformer les mentalités des individus. En l’absence de cette modification des comportements individuels, il apparait difficile (pour ne pas dire impossible) d’instaurer un développement économique et environnemental qui conduisent à une amélioration de notre niveau de vie.

Bibliographie

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COLLE David, Quelle croissance !?, édition Puf, 2011, 1ère édition.

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II. PUBLICATIONS :

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CEDD (2013), La croissance verte : Principes et instruments de politique économique.

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Pascal CANFIN « L’économie verte une chance pour l’Europe », Alternatives économiques hors-série n°83, décembre 2009

Philippe FREMEAUX, « Faut-il encore rechercher la croissance verte », Alternatives économiques, avril 2011, n°301.

Philippe FREMAUX, « L’économie peut-elle devenir verte », Alternatives économiques, février 2010, hors-série n°84.

III. WEBOGRAPHIE :

Alternatives économiques

Développement durable

OCDE

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