Questions Economiques

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Mondialisation et inégalités économiques au sein des pays développés.

Sujet : Mondialisation et inégalités économiques au sein des pays développés.

    Si l’économiste américain Simon Kuznets a montré, à partir de l’exemple des États-Unis et du Royaume-Uni, qu’il existait une relation positive entre le développement et la réduction des inégalités, l’évolution factuelle récente nuance ce rapport en démentant désormais cette corrélation absolue. En effet, depuis le milieu des années 1980, on assiste à un renouveau des inégalités dans les pays développés. Ce constat interroge et remet en cause de nombreuses thèses selon lesquelles la mondialisation permettrait un développement économique et serait profitable à l’égalité.

    La mondialisation se définit comme un processus d’ouverture de toutes les économies nationales sur un marché devenu planétaire. Ce phénomène de libéralisation des échanges – caractérisé par l’expansion et l’harmonisation des liens d’interdépendance entre les Nations, les activités humaines et les systèmes politiques à l’échelle du monde, la déréglementation ou encore la délocalisation de l’activité – a pris un essor considérable au cours des dernières décennies. Indéniablement perçue comme la clé de la croissance économique moderne, la mondialisation a évidemment été touchée par la récente crise qui sévit depuis 2008 sur l’ensemble de la planète.

    Si nombre de ses bienfaits ont maintes fois été démontrés (notamment pour les pays du tiers-monde en vue de devenir davantage industrialisés et développés ; ouverture des horizons de l’homme), il serait opportun de ne pas négliger certaines dérives apparues au fil du temps. À ce titre, le développement d’inégalités apparaît comme une limite aux privilèges issus de la mondialisation, en ce sens que leur maintien justifie une vision plus nuancée des apports de cette dernière.

    L’inégalité désigne une différence mesurable en termes de niveau de vie, de qualité de vie, entre individus ou groupes sociaux. Il en découle que les inégalités économiques se présentent comme les dissemblances de revenus, de patrimoine ou de travail, constatées entre les citoyens. Or, si les inégalités ont souvent trouvé une illustration entre les pays industrialisés et ceux dits du Sud (tiers-monde, pays en voie de développement), l’attention doit aujourd’hui être également attirée sur les écarts qui existent au sein même des pays développés. En effet, tous les indicateurs convergent vers une persistance des inégalités économiques observées dans les pays industrialisés.

    La mondialisation semble donc s’illustrer, outre les avantages qu’on lui connaît, par certains méfaits qu’il convient d’analyser avant d’envisager leur correction. Sa corrélation avec une réduction des inégalités ne parait plus vraiment d’actualité et les faits contredisent cette relation positive. Pour autant, la mondialisation est-elle responsable de ce maintien des inégalités économiques dans les pays développés ? Celles-ci sont-elles uniquement dues à l’internationalisation des échanges ? S’il est incontestable qu’un lien demeure entre ces deux phénomènes, n’existe-t-il pas, aujourd’hui, des solutions propres à endiguer le développement des ces inégalités ?

    Après avoir observé le constat de ces inégalités au travers de ses manifestations et ses données (I), il serait opportun d’analyser les conséquences et perspectives de cet état de fait (II).

I. La mondialisation, catalyseur d’inégalités.

    Si elle permet de multiplier les échanges, les flux et les richesses, la mondialisation n’en demeure pas moins, à certains égards, contributrice (et non créatrice) d’inégalités économiques, lesquelles se retrouvent dans les revenus (A) comme dans le marché du travail (B).

    A. Ouverture des économies et inégalités de revenus.

    Les revenus permettent d’évaluer une part déterminante du pouvoir d’achat. Or, force est de constater que les évolutions récentes vont dans le sens d’un creusement des écarts de revenus ; fossé encore accentué par la crise économique qui sévit depuis 2008.

    1. Écarts de revenus, émanation particulière des effets de la mondialisation.

    Les pays développés se distinguent de ceux dits en voie de développement notamment en ce sens que (MALADROIT) leurs revenus y sont bien plus élevés. Les individus bénéficieraient ainsi de ressources plus conséquentes que leurs homologues résidant dans ces pays du Sud (économique). Cet état de fait reflète une richesse plus importante des pays industrialisés, cette richesse produite donnant dès lors lieu à une répartition des ressources entre les citoyens en contrepartie d’un travail, d’un patrimoine ou d’un capital. Or, les études récentes conjuguées à des constatations concrètes infirment, ou à tout le moins nuancent, cette prétendue richesse acquise par les résidents des pays du Nord.

    En effet, comme l’a avancé l’économiste Reich, la mondialisation de l’économie s’accompagne d’une flagrante et massive aggravation des inégalités au sein des pays développés entre les cadres affectés à des tâches de conception et les détenteurs de postes d’exécution. En d’autres termes, les revenus entre la catégorie ouvrière et celle des cadres font aujourd’hui l’objet d’une grande différenciation, creusement d’un fossé qui risque de perdurer si aucune solution réelle n’est trouvée. Les salariés «détenteurs de postes d’exécution» comme les nomme Reich, se trouvent bien souvent contraints de se reconvertir en acceptant des postes à faible niveau de qualification et à bas salaires dans le secteur des services notamment : l’évolution du marché du travail leur est largement défavorable en les obligeant à changer de poste pour recevoir un salaire plus faible, alors que celui des cadres ou «hautes fonctions» se stabilise voire s’accroît, de même que les hauts revenus ont augmenté depuis les années 1980, surtout les revenus du patrimoine financier (ne concerne que peu de personnes). Dès lors, l’écart entre ces deux catégories ne peut que s’amplifier.

    Par ailleurs, la courbe de Kuznets (en 1951) montre que les phases initiales du développement économiques étaient créatrices d’inégalités tandis que les phases les plus tardives, observées dans les pays industrialisés s’accompagnaient d’une réduction des inégalités. Or, depuis quelques années maintenant, la courbe s’inverse : croissance et inégalités vont de pair (USA notamment).

    Mais ces inégalités de revenus sont renforcées en période de crise économique, où les revenus du travail mais aussi du capital suivent une évolution particulière.

    2. La crise économique, facteur d’aggravation des inégalités de revenus.

    Depuis 2008, l’ensemble des pays est touché par une crise économique et financière dont les retombées néfastes ne font plus de doute. De nombreuses illustrations de cette «dépression économique» ont été reprises dans les média, et le seul cas de la faillite annoncée des entreprises automobiles Chrysler ou Général Motors aux États-Unis suffit à prouver l’ampleur des conséquences négatives de cette crise économique.

    Or, il va de soi qu’un contexte de crise économique n’est pas favorable à l’envolée des revenus ni de la richesse, et tend, au contraire, à toucher chacun dans son domaine économique et, bien plus encore, les plus vulnérables sur le marché. En effet, la fermeture de certaines entreprises qui n’ont pas supporter (É) les difficultés rencontrées, les plans sociaux (licenciements notamment), les délocalisations ou encore les sérieuses difficultés face à la recherche d’un emploi,  (ATTENTION AU SENS DE LA PHRASE. VOUS PARLEZ DES ENTREPRISES OU DES SALARIÉS ?) sont autant de symptômes d’une économie en proie à une paralysie ou, à tout le moins, à de réelles gênes occasionnées par les conditions économiques. La mondialisation a «favorisé» l’étendue de cette crise soudaine, puisqu’une telle libéralisation des économies a «permis» une démultiplication de ses effets : le lien d’interdépendance s’est, dès lors, fait cruellement ressentir dans chaque économie nationale, dans chaque marché propre à un secteur.

    De plus, une crise économique comme celle qui sévit depuis 2008 touche certains secteurs plus que d’autres : l’industrie automobile a été sévèrement atteinte par le manque de pouvoir d’achat et d’investissements, de même que le secteur de la banque ou les petites entreprises, en proie à des difficultés de redressement financier (PME). Bien que cela soit totalement indépendant d’aucune volonté, les dissimilitudes entre chaque domaine participe au creusement des inégalités économiques parmi les pays développés.

    Enfin, les crises économiques qui se caractérisent par une période de récession, marquent davantage la différenciation entre les différents revenus : ceux du travail, comme expliqué ci-dessus, mais entrent également en compte les revenus du capital, du patrimoine, de l’immobilier, etc… Or, ces acquis appartenant d’ores et déjà à une classe dite «favorisée» (par rapport aux catégories plus pauvres) continuent de produire des revenus qui se greffent donc en supplément des revenus du travail : en ce sens, l’écart des ressources économiques concourt à un accroissement des inégalités économiques au sein des pays industrialisés.

    Néanmoins, les inégalités de revenus ne sont qu’une partie de celles rencontrées dans une analyse des effets négatifs de la décentralisation : d’autres viennent s’y ajouter, et les inégalités concomitantes au marché du travail semblent aller de pair avec le constat d’inégalités économiques persistantes dans les pays développés.

    B. Concurrence et inégalités sur le marché du travail.

    La libéralisation des échanges s’est accompagnée d’une relative dérégulation du marché du travail, considéré aujourd’hui comme un marché économique à part entière, où s’y applique donc  (INUTILE) notamment la loi de l’offre et la demande. Or, ce lien d’interdépendance entre les différents marchés du travail produit des effets néfastes au détriment, une fois encore, des groupes sociaux les plus vulnérables économiquement.

    1. Le chômage dans les pays développés, caractéristique des difficultés dans le marché de l’emploi.

    Les données statistiques sont sans appel : dans un contexte où la mondialisation permet d’augmenter les échanges, le chômage demeure élevé dans les pays développés. Ce constat est d’autant plus marqué dans les pays de la «zone euro».

    Le marché du travail a été rendu «flexible» avec la mondialisation, au même titre que la plupart des secteur touchant à l’économie. Dès lors, cette mouvance ne pouvait rester sans effet sur l’activité des pays, même industrialisés. En témoigne l’augmentation des investissements directs à l’étranger (IDE) dans les pays à bas salaires : ce point est source d’inquiétude ; souci qui s’avère vérifié dans les faits : les pays en développement offrant des conditions financières plus avantageuses que dans les pays dits d’origine (développés), les entreprises nous le verrons plus loin ont tendance à délocaliser leurs structures dans ces pays où la main d’œuvre sera rémunérée de manière bien moins importante. Ainsi, les ouvriers et employés peu qualifiés sont confrontés à ce phénomène, et se retrouvent souvent en situation de chômage après «déménagement» de leur entreprise : la concurrence des bas salaires dans ces pays en développement atteint de manière conséquente le marché du travail au sein des pays riches.

    Cet argument n’est pas seulement théorique puisqu’il se retrouve dans la pratique : de 43% en 1970, la fraction de la main d’œuvre industrielle mondiale employée dans les pays en développement est passée à 53% en 1990. On peut craindre un «monde transformé en un gigantesque bazar, où chaque pays essaie, en concurrence avec les autres, de placer sa main d’œuvre en cassant les prix» (Donahue, 1994). De plus, les choses sont aggravées par l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs.

    On le voit, l’ouverture des économies nationales, en mettant en concurrence le prix de la main d’œuvre (salaire notamment), ne favorise pas le travail national et se répercute sur un taux de chômage parfois inquiétant. La mondialisation permet également de nombreuses délocalisations, illustration de la fuite du travail.

    2. La modification structurelle du marché du travail : progrès technique et délocalisations.

    La mondialisation a considérablement modifié le marché du travail : est fréquemment employée l’expression «unification des marchés du travail», en ce sens que le travail n’est plus un simple marché national fermé mais est devenu, par l’ouverture des économies et leur mise en commun, un marché international où le niveau est lié à l’interdépendance des activités.

    La structure des échanges fait craindre que l’augmentation des importations en provenance des pays à bas salaires mine l’exploitation des les industries manufacturières : l’érosion de l’emploi dans les industries à forte intensité de travail entraînerait une chute de la demande de travail peu qualifié, et donc une baisse de leurs gains. Cette concurrence, conjuguée aux IDE, entraîne de nombreuses délocalisations : celles-ci se définissent comme «l’exportation» des emplois peu qualifiés, ce qui cause une diminution de la demande de main-d’œuvre non qualifié dans les pays industrialisés. Or, ce phénomène contribue à renforcer les écarts de revenus et donc de richesses entre les ouvriers peu qualifiés et les employés exerçant des fonctions plus «hautes» (matière grise) : on assiste à une montée du dualisme dans les pays industrialisés puisqu’un noyau réduit de personnel qualifié est bien rémunéré et non précaire alors qu’une périphérie large se développe avec des bas salaires précaires et peu de qualification.

    Par ailleurs, les progrès techniques dans les nouvelles technologies de l’information et la communication sont à l’origine de mutations structurelles du marché du travail pouvant expliquer la montée des inégalités dans les pays industrialisés. En effet, selon certains économistes, (CITEZ EN AU MOINS UN)le responsable de l’accroissement des inégalités de revenus dans les pays développés pourrait être le progrès technique «biaisé», caractérisant la «troisième révolution industrielle» : la suppression massive de travaux non qualifiés ou la baisse de leur rémunération creuserait les inégalités, alors même que ce progrès technique «informationnel» est favorable à la croissance.

    Ainsi, les inégalités économiques au sein des pays industrialisés se creusent. Ce constat inéluctable ne doit pas faire oublier qu’au-delà de cet aspect économique, ces inégalités peuvent engendrer des conséquences bien plus graves au niveau social notamment. Dans ce monde en perpétuel mouvement, il serait opportun d’envisager des solutions pour remédier à ces disparités.

II. Inégalités cumulatives : enjeux et perspectives.

    Les inégalités économiques au sein des pays industrialisés seraient donc maintenues et renforcées par la mondialisation. Toutefois, ces inégalités particulières en entraînent d’autres, sociales, culturelles, politiques, qui caractérisent la précarité dans laquelle se trouve certains individus touchés par ce fléau (A). Mais une telle situation de persistance des inégalités économiques appelle certaines réflexions envers des solutions (B).

    A. Manifestations consécutives aux inégalités économiques.

    Si la précarité devient aujourd’hui une donnée quasi «naturelle» dans nos sociétés modernes en ce sens qu’elle semble faire partie intégrante de celles-ci, les mesures politico-juridiques vont dans le sens d’une institutionnalisation de ce problème (1), alors qu’il risque plus gravement d’entraîner une exclusion sociale (2).

    1. Une précarité qui semble s’institutionnaliser

    Selon Hayek, on est passé d’une logique d’égalisation à une logique d’équité, c’est-à-dire accepter le fait qu’une société puisse créer des inégalités. En effet, depuis le début des années 1980, correspondant avec le mouvement de libéralisation progressive des économies, se sont accrues les inégalités de revenus, celles économiques et le chômage n’a pas réellement enregistré de baisse notable. Ce constat ne tient pas qu’au cas particulier de la France (où les inégalités s’accroissent, tendance inverse aux années 60-70), puisqu’il peut également être dressé en Angleterre et aux États-Unis, où les politiques libérales menées par Mme Thatcher et Mr Reagan ont favorisé l’essor du capital et, en contrepartie, la montée du chômage et de la pauvreté. Or, la croissance de la pauvreté, cumulée à la crise considérée comme antithèse de la croissance, peut créer une effet «boule de neige» dont l’issue infortunée est souvent la précarité (faibles revenus, chômage, difficultés à trouver un travail notamment à basse qualification…).

    Les inégalités ici étudiées se cumulent et se reproduisent : les écarts économiques se conjuguent avec ceux sociaux (origine sociale, lieu de vie…), qui entraînent des dissimilitudes culturelles. On relève donc un accès hiérarchisé entre des individus ou des groupes sociaux à certaines ressources socialement valorisées.

    Or, l’actualité met en évidence l’idée selon laquelle les dirigeants de nos pays sembleraient institutionnaliser cette précarité plutôt que tenter de la réduire. En témoigne les débats qui ont fait rage autour du CNE (contrat nouvelle embauche) ou CPE (contrat premier emploi, retiré depuis) qui avaient été pensé pour s’accommoder de cette précarité et l’intégrer dans les politiques nationales. Plus anciennement, la création du RMI (revenu minimum d’insertion, devenu RSA, revenu de solidarité active) en 1988 et de la CMU (couverture maladie universelle) en 2000 ont, certes, tenté d’apporter des réponses à l’exclusion et la misère, mais, par leur caractère de mesures politiques, elles vont dans le sens d’une institutionnalisation de ces conditions de vie précaires, auxquelles on prévoit des aides sans s’attaquer concrètement aux sources du problème. Par ailleurs, ces mécanismes ne permettent souvent pas d’éviter l’exclusion sociale attenante fréquente de la précarité économique.

    2. Les risques d’une exclusion sociale.

    Les difficultés économiques qui paraissent s’accentuer au rythme de la mondialisation, la précarité qui en découle et les perspectives qui ne semblent guère réjouissantes font naître de véritables risques d’exclusion sociale. Privés de rémunération et/ou de travail, ces individus touchés par une situation précaire s’enlisent dans un cercle vicieux qui peut les conduire à ce fléau moderne de nos sociétés : l’exclusion sociale.

    Illustration en a été faite à l’hiver 2006 : des centaines de tentes avaient été plantées le long du canal Saint-Martin à Paris ainsi que dans les grandes villes de province. L’exclusion sociale avait alors pris une tournure médiatique importante dénonçant son maintien dans notre pays dont la richesse croît. L’exclusion sociale est un processus de mise à l’écart et de marginalisation qui peut conduire à la rupture du lien social (ensemble des mécanismes permettant de faire en sorte que la société «tienne»). Les Sans Domicile Fixe en sont l’image caractéristique qui montre les inégalités existantes dans nos sociétés.

    Dans un registre moins pacifique, les violences de Novembre 2005 ont mis en avant le sentiment profond d’injustice quelques fois ressenti par certains jeunes dont l’exclusion sociale a débuté par celle  (MALADROIT) économique (chômage, précarité).

    Or, ces témoignages concrets précisent cette impression de mise à l’écart vécue par certains de nos concitoyens dont la nature et l’intensité des rapports sociaux qu’ils tissent risquent de se réduire au néant. Dès lors, si la mondialisation peut entraîner des effets positifs, sont également engendrées par elle certaines conséquences négatives provoquant l’exclusion d’une partie (marginalisée) de la société : ainsi, la situation sociale se détériorerait du fait de la compétition économique.

    Néanmoins, face à ces dérives accordées  (MOT MAL ADAPTÉ) à la mondialisation, de nombreux auteurs ont émis des solutions diverses afin d’y remédier : bien que l’hypothèse d’un repli des économies nationales sur elles-mêmes ne soit plus réalisable eu égard à l’état déjà avancée d’ouverture de celles-ci, l’idée d’une pondération relative d’État-providence semble davantage envisageable : le rôle de l’État pourrait ainsi adopter certaines prérogatives bien que cela présente encore certaines limites. (PHRASE AU SENS UN PEU FLOU)

    B. L’État-providence : une solution aux inégalités ?

    Si nombreux que soient les auteurs à proposer une retour de l’État au premier plan (1), il convient de ne pas oublier que le système aujourd’hui libéral et capitaliste l’empêcherait en grande partie. Cependant, d’autres issues ou mécanismes peuvent être envisagés (2).

    1. Aspects positifs d’éventuelles interventions étatiques.

    Sans toutefois imaginer un retour au modèle de l’État-providence de Keynes (1883-1943) des années 60-70, certains économistes avancent l’idée qu’un retour d’interventions étatiques dans quelques domaines économiques pourraient être favorables à un recul des inégalités économiques et de la précarité. À ce titre, Rosanvallon indique que l’État-providence doit être repensé pour réduire les inégalités.

    En effet, les évolutions économiques ont montré que la mondialisation réduisait la liberté d’action des États et l’efficacité des moyens classiques d’intervention.  Or, malgré l’avancement de la libéralisation des échanges, les politiques nationales continuent à être influentes sur le niveau de l’emploi et le régime du travail. Dès lors, les dirigeants nationaux détiennent encore les moyens de produire des effets sur ces phénomènes : leur action pourrait être souhaitable en vue de protéger les catégories vulnérables face à ces manifestations économiques négatives.

    D’une part, loisir leur est laissé de mettre en œuvre des mesures visant à soutenir l’emploi, notamment en rendant plus attrayant ce marché du point de vue national ou encore en contraignant (financièrement ou matériellement) les projets de délocalisations qui concourent à l’expansion du chômage. Face à la concurrence des autres pays sur un marché international de l’emploi, l’intervention de l’État assurerait une stabilité (relative) des emplois et pourrait également en tirer le bénéfice d’une production de richesses plus conséquente.

    D’autre part, les États conservent la possibilité d’intervenir sur le régime juridique du travail, ce qui permettrait de défendre les droits des travailleurs afin que ceux-ci soient mieux protégés face à l’ouverture des marchés. De nombreuses idées peuvent être pensées, comme la protection renforcée des salariés dans leur travail, le droit à rémunération intéressante ou encore une assistance consécutive à la perte de l’emploi.

    2. Autres pistes et perspectives.

    Néanmoins, le contexte actuel imposent  (E)que les politiques conjoncturelles (budgétaires et monétaires) doivent davantage tenir compte des réactions des marchés internationaux. Les économistes cherchent sans relâche les moyens de prévenir et de réduire les risques de crises financières ; or, l’intervention «protectrice» étatique n’est pas la seule hypothèse probable pour contrecarrer les méfaits de la mondialisation.

    Dans un premier temps, notons qu’il a été proposé (Association Attac notamment) (TAXE TOBIN À DÉVELOPPER) de freiner les opérations sur les marchés en les assujettissant à une taxe d’application universelle : toutefois, cette taxe n’a pas encore vu le jour, de nombreuses difficultés pratiques persistant (application administrative, risque de déstabilisation des marchés financiers…)

    Par ailleurs, certains ont pu recommander que les comportements individuels des acteurs économiques soient davantage surveillés pour éviter certaines répercussions néfastes. Or, un tel contrôle ne parait guère envisageable et pourrait se révéler contraire à la liberté économique de chacun.

    Enfin, si Reich pouvait présenter une conception relativement optimiste de l’avenir de la mondialisation, Paul Samuelson retient quant à lui (une décennie plus tard) une vision bien plus pessimiste : «La mondialisation est un processus globalement gagnant, mais pas pour tout le monde. Sur les cinquante prochaines années, ce sont les plus volontaires […] qui en bénéficieront. En revanche, les populations à bas revenus seront les principales perdantes […] Pour atténuer l’explosion des inégalités dans chaque pays, les mieux placés devront bien finir par partager leurs richesses». La redistribution des richesses ne serait donc pas qu’une affaire de l’État et engagerait ainsi les acteurs économiques le plus favorisés : cependant, rien n’est moins sûr qu’une telle proposition de solidarité soit acceptée par les plus riches afin de réduire les inégalités économiques des pays industrialisés.

    Contrairement à certaines idées reçues, la mondialisation ne profite pas à l’ensemble des populations des pays développés. Ces derniers voient également croître les inégalités économiques, sous l’effet de la libéralisation des économies, faisant craindre la précarité et l’exclusion sociale.

    Mais il est impératif aujourd’hui de corriger ces effets négatifs de la mondialisation sur ceux qu’elle pénalise, de protéger les catégories vulnérables sur le marché du travail, et de soulager la pauvreté pour maintenir la cohésion sociale.

    Ce constat s’impose aux instances dirigeantes des pays «riches» qui se retrouvent face à un choix simple : maintenir un système qui assure un bien-être subventionné à une poignée de groupes d’intérêts puissants, ou instaurer un système multilatéral qui crée des emplois au niveau local et permette à des individus pauvres trop nombreux, de tirer parti des bienfaits des échanges et de la mondialisation.

    Si le déploiement du capitalisme à l’échelle du monde réalisé à travers la mondialisation n’implique en lui-même aucune tendance spontanée à la réduction des inégalités, il convient de songer, pour ce faire, à des instances de régulation et de redistribution mondiales qui, à l’heure actuelle, n’existent pas.

COMMENTAIRE.

TRAVAIL CORRECT. LE STYLE EST CEPENDANT UN PEU HEURTÉ.  CERTAINES PHRASES MANQUENT DE COHÉRENCE. VOUS NE PARLEZ PAS DE LA DIFFERENCE ENTRE PAUVRETÉ ABSOLUE ET PAUVRETÉ RELATIVE. IL AURAIT FALLU INSISTER PLUS SUR LA TAXE TOBIN ; IL MANQUE D’ÉLÉMENTS THÉORIQUES DE BASE EN MATIÈRE D’ANALYSE DES INÉGALITÉS, NOTAMMENT LA COURBE DE LORENZ OU LE COEFFICIENT DE GINI :

    La courbe de Lorenz est une courbe mesurant la concentration d’un phénomène. En abscisse, on porte les déciles (parts de 10 % de la population) ou les quintiles (parts de 20 %) classés par convention des plus pauvres aux plus riches. En ordonnées, on porte le pourcentage cumulé du phénomène étudié (le revenu, le patrimoine) détenu par le décile correspondant.

    Le coefficient de Gini est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée.

Rédigé par vroox idans Dissertations corrigées et Aucun commentaire

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